7 octobre 2022
Retour sur l’Assemblée Générale 2022
Assemblée Générale Fransylva
(Forestiers privés de Loire Atlantique)
Le 7 octobre 2022
À l’occasion de leur assemblée annuelle tenue le 7 octobre à Chéméré, FRANSYLVA 44, les forestiers privés de Loire Atlantique, par la voix de leur président Jean François de Ramecourt et de Jean Étienne Rime, président régional de FRANSYLVA Pays de la Loire, ont voulu réaffirmer leur rôle essentiel pour la Société.
Les Forestiers privés sont confiants dans l’avenir de la forêt et dans sa contribution irremplaçable à l’équilibre écologique de la France et de la planète.
Certes, canicule et sécheresse marquées cet été, ont beaucoup inquiété. Les incendies, y compris dans nos régions autrefois peu menacées, ont fortement mobilisé nos services d’incendie et eu des conséquences traumatisantes pour les propriétaires et riverains des forêts touchées. Bien entendu il faudra continuer le travail d’évolution indispensable dans la gestion des forêts pour tenir compte de l’influence du changement climatique.
Mais au-delà de la légitime émotion -et parfois des souffrances pour les personnes directement concernées- que les alarmantes nouvelles de l’été ont provoquées dans les cœurs, replaçons la situation dans le contexte général.
Sait-on par exemple que les surfaces brûlées cette année, presque le triple d’une année moyenne, seront cependant très inférieures aux nouvelles surfaces forestières plantées chaque année ?
L’intervention des pompiers a apporté bien des conseils et a été très appréciée.
- La forêts Françoise est en très forte croissance en surface.
La forêt occupe 31% des sols et sa surface augmente de 80 000 ha chaque année, soit environ l’équivalent de 120 000 terrains de football ou plusieurs fois la surface du grand Paris.
Les 3/4 de ces forêts appartiennent à 3,5 millions de propriétaires privés qui s’engagent pour un grand nombre dans des plans de gestions forestiers supervisés par les autorités,
- Le volume de bois sur pieds croît à grande vitesse
Nous ne prélevons que 50% environ du volume annuel supplémentaire de bois. La France est donc un grand et gros gisement de bois encore peu exploité.
Ainsi, malgré les incendies et certaines maladies il n’y a absolument pas de déforestation en France. Il faudrait au contraire davantage exploiter la forêt afin de limiter les importations en cessant d’être parfois les complices involontaires de la déforestation dans d’autres pays, mais aussi favoriser un renouvellement forestier et une plus forte captation du carbone que permettent les arbres jeunes.
- Le réchauffement climatique peut affecter la forêt de trois façons au moins.
. La multiplication des incendies ; à cet égard une bonne gestion forestière réduit fortement les risques,
- En débroussaillant les jeunes forêts, les broussailles propageant le feu ;
- En récoltant les bois peu à peu par des éclaircies nécessaires à la formation des arbres d’avenir, ce qui évite les chaos forestiers propices aux incendies. À cette égard l’idée de laisser des forêts en “libre évolution “ est, sauf à but de créer des conservatoires, une aberration.
. Le développement de parasites et maladies ;
. Une croissance moins rapide des arbres existants voire le dépérissent de certaines plantations.
Quelles réponses apportent les sylviculteurs ?
Les sylviculteurs travaillent sur des échéances très longues : 60/70 ans pour des forêts de résineux, 120 ans et plus pour des forêts de chênes.
L’adaptation au changement climatique est donc un travail de longue haleine qui passe essentiellement par la plantation d’espèces plus adaptées à un climat plus chaud et plus sec. Et pour préparer ces chantiers le jour où seront récoltées les forêts actuelles, il faut multiplier les tests, essais et laboratoires de terrain, et superviser de près les chantiers en grandeur nature.
Sur ces différents sujets un travail important est réalisé par l’ONF (Office National des Forêts), et par le CNPF (Centre National de la Propriété Forestière) qui accompagne plus spécifiquement les forestiers privés et testent et améliorent les espèces et les méthodes.
Deux grandes pistes :
- Acclimater dans nos régions des espèces d’arbres qui ont montré leur capacité de bonne croissance plus au sud, mais parfois la nature des sols ne permet pas à ceux-ci de migrer.
- Repérer et déployer les espèces propres à nos régions qui résistent mieux que d’autres voire profitent des nouvelles conditions climatiques. À cet égard, avec 136 espèces d’arbres différentes en France (quelques dizaines ailleurs en Europe), la France dispose d’une formidable diversité végétale. La plantation de forêts avec un plus grand mélange d’espèces est une des pistes explorées très activement.
La forêt française, au trois-quarts privée, et les haies arbustives, sont un atout écologique majeur pour notre pays. Leur rôle dans la purification de l’air, la purification et la rétention de l’eau dans les sols, la recréation de l’humus, la captation du carbone et la protection de la diversité biologique et de la faune est essentiel et unique.
Les 3,5 millions de propriétaires forestiers et leur syndicat FRANSYLVA sont à l’œuvre avec ardeur et amour de leurs forêts, gratuitement pour le contribuable, pour continuer à la faire croître et l’adapter aussi rapidement que possible aux évolutions de notre environnement.